Petite enquête à Numana

Numana. – Près de la PIAZZA DEL SANTUARIO, VIALE A. MORELLI. – La ville est bien plus vieille qu’elle ne semble. J’en suis sûr d’ailleurs. Je ne sais comment, je me retrouve devant un écriteau fiché sur une vieille fontaine. J’y suis. Une fois encore cela m’est offert. Comme au milieu du vieil Aoste, près de la Porte Prétorienne. Comme en plein cœur de Rome, là où quelques maisons se sont assises sagement sur l’antique muraille aurélienne. Voici. L’écriteau raconte à qui veut bien le lire (et essayer de le traduire) qu’une eau précieuse est tirée jusqu’ici par un aqueduc romain encore en service. Voilà bien de quoi déclencher une petite enquête qui me mènera de la serveuse, à qui je demanderai d’abord un café, jusqu’au personnel adorable de la mairie de la ville qui me donnera le numéro d’un guide que je n’ose toujours pas appeler. Peu importe. De toute façon je ne suis pas sûr qu’il se déplacerait rien que pour moi pour m’ouvrir son royaume, et que je pourrais découvrir les vestiges de l’antique ouvrage. Et la mairie m’a répondu, sûre d’elle : l’eau de la fontaine n’emprunte plus l’antique trajet depuis quelque temps déjà.

Peu importe. C’est déjà une joie d’être porté de personne en personne, de réponse en réponse, de sentir que le monde autour de soi se coupe en quatre pour vous, de repartir avec de grandes feuilles imprimées qui ne vous disent pas grand-chose de plus que ce que vous ne savez déjà, mais qui témoignent de l’afabilité de chacun, avec quelques sourires que vous garderez en mémoire, d’avoir la mer sur laquelle vient buter la symétrie artificielle des parasols comme ces champs de palmiers qui ne vivent que pour leur huile sacrée et qui défigurent quelques îles entre l’océan Pacifique et l’océan Indien, de pouvoir la regarder d’un peu partout, de vous arrêter pour un autre petit café, d’être la fesse assise contre un petit muret protégé du soleil, d’entendre la ville grincer sans chercher à comprendre quel volet on remonte et où, d’écrire un peu plus vite en se laissant aller de la même façon que la ville finit par rejoindre son propre port, d’apercevoir les premiers bateaux, le môle, de comprendre pour de bon ce que les gens disent, d’être déjà bien avancé dans l’après-midi bleu, de sentir, enfin presque arrivé au niveau de la mer, la puissance des odeurs qui s’échappent de la Pescheria et de la savourer en passant. –

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